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Constat – Suite à l’interdiction des huiles hydrogénées pour des raisons sanitaires [1], l’huile de palme a été la solution de substitution d’une très grande majorité d’industriels du domaine de l’agroalimentaire. Pour comprendre cet engouement, il convient de se mettre à la place des entreprises.

En premier lieu, la production à l’hectare de cette matière première surpasse les autres huiles végétales « concurrentes » (tournesol, soja, colza etc). La conséquence principale pour l’entreprise est économique : une forte productivité se répercute sur le prix d’achat de l’huile de palme et permet de dégager des marges.

En second lieu, l’huile de palme est une huile dite concrète, c'est-à-dire que sa consistance est solide à température ambiante. Cet aspect naturel lui confère les qualités recherchées par les entreprises pour la production de leurs produits alimentaires.

Les enjeux – La demande croissante des industriels en huile de palme dans un court laps de temps, 20 ans, a indirectement imposé aux pays producteurs[2] de remplacer des forêts primaires par des palmeraies. Les organisations internationales ont été dépassées par la rapidité de ce phénomène. Rétrospectivement, la principale externalité négative de la substitution des huiles hydrogénées par l’huile de palme est environnementale.

Récemment, la question légitime de la santé des consommateurs est à nouveau posée. En effet, l’huile de palme est omniprésente dans la composition des produits alimentaires. Contrairement aux huiles hydrogénées, ce n’est pas la composition chimique de l’huile de palme, similaire au beurre de cacao, qui pose problème, mais bien le fait que l’on expose le consommateur occidental à un régime alimentaire pauvre en Oméga3. Pour reprendre la formulation d’H. Omont « c’est la dose qui fait le poison » et non la matière première elle-même.

Solution : une nouvelle substitution – Face aux campagnes des ONGs et aux reportages des journalistes dénonçant les conséquences écologiques désastreuses induites par l’implantation des palmeraies, certaines entreprises ont choisi de quitter le navire du marché de l’huile de palme pour une nouvelle substitution : retour aux huiles végétales « concurrentes » et/ou beurre.

Le consommateur voit ainsi dans les rayons de nombreux produits estampillés « sans huile de palme ». Rassuré par la « prise de conscience » des entreprises, le consommateur n’a néanmoins pas été sensibilisé au cœur du problème : l’entreprise a-t-elle assumé ses responsabilités en réalisant cette substitution ? N’est-elle pas à l’origine d’un nouveau désastre écologique ?

D’un point de vu marketing, l’entreprise profite d’un effet d’aubaine pour valoriser son image et celle de ses produits, sans chercher à réparer les dégâts causés ou à venir. L’entreprise n’explique pas aux consommateurs qu’elle demeure responsable de la déforestation et de la perte de biodiversité qui en découle.

Par conséquent, ne participant pas au financement de la reconstruction écologique ou à l’accompagnement des agriculteurs, et se limitant à la substitution d’une matière première par une autre, l’entreprise profite des libertés offertes par le marché économique et désengage sa responsabilité environnementale, sociale et économique.

Pourtant personne n’en parle ! Restants sourd aux constats d’aujourd’hui, l’attention est focalisée sur les entreprises qui ont fait le choix du maintien de l’huile de palme. Cela reste vrai même si des actions concrètes et responsables, comme des objectifs d’approvisionnement 100% segregated et des programmes de mécénat aux petits planteurs sont projetés. La peur, légitime, du Greenwashing briderait l’esprit critique.

Par conséquent, qu’il s’agisse du maintien ou de la substitution de l’huile de palme, les entreprises responsables devraient être en mesure d’expliquer de manière transparente les choix et les actions qu’elles mènent pour devenir vertueuses sur leur cœur de métier. Finalement, quelque soit ce choix, les entreprises qui engageront cette démarche de respect du consommateur pourront escompter regagner sa confiance.

Aujourd’hui, le débat devrait s’ouvrir plus largement sur l’ensemble des solutions soulevées par la consommation d’huile de palme et sa substitution.

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