Kalundborg fut l’une des toutes premières tentatives d’écologie industrielle, elle est aujourd’hui devenue une référence mondiale. Le concept repose sur la gestion raisonnée des matières premières et des déchets entre industries voisines permettant la création d’un véritable écosystème industriel où chaque entreprise se nourrit des rejets de l’autre.
L’écologie – ou symbiose – industrielle repose sur un ensemble d’échanges de matières premières et de déchets entre industries de manière à ce que les déchets des unes deviennent les matières premières des autres. A Kalundborg, commune de 20 000 habitants, le réseau est composé d’entreprises privées et publiques liées par plus d’une vingtaine de contrats d’achat et de vente de sous-produits issus des productions industrielles. Les produits résiduels, vapeur, cendres, gaz, boue, physiquement transportables sont ainsi échangés d’une industrie à l’autre au sein d’une boucle fermée.
3 millions de m3 d’eau économisé à travers le recyclage
L’épuisement des ressources naturelles, l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières est à l’origine de la symbiose industrielle de Kalundborg. Ces échanges de matières répondent avant tout à des impératifs d’ordre économiques, qu’il s’agisse de maîtriser ses dépenses ou réduire sa consommation de matières premières, en contre partie ils contribuent à réduire la pression exercée par l’approvisionnement en matières premières ainsi que la dépendance vis-à-vis de telle ou telle ressource. Les bénéfices environnementaux sont évidents et représentent l’un des moteurs du modèle et si la réduction des volumes de déchets, d’émissions de CO2, d’eau ne sont pas négligeables, les entreprises impliquées tirent un bénéfice important.
A Kalundborg la production de 150 000 tonnes de levures représente 70% de la nourriture de plus de 800 000 cochons.
La raffinerie Statoil, la plus importante du Danemark (Esso à l’époque), s’est installée à Kalundborg au début des années 1960. Après un accord passé avec la municipalité pour son approvisionnent en eau, l’entreprise s’est tournée vers d’autres fournisseurs à mesure qu’elle se développait concluant des partenariats avec trois autres sites de production industrielle. Un autre projet est apparu et peu à peu les coopérations se sont développées : fourniture de vapeur, utilisation d’excès de gaz ou d’eau, etc. Aujourd’hui, c’est plus d’une vingtaine d’entreprises coopérant avec la municipalité, incluant des exploitations agricoles, des pêcheries – approvisionnées en fertilisants, chaleur etc.
La symbiose de Kalundborg est une initiative née de la volonté des entreprises avec le soutient constant des autorités locales. Elle repose sur une coopération constructive basée sur la transparence et une communication permanente entre participants installés à proximité les uns des autres. Au-delà des bénéfices économiques, impliquant le transfert de déchets, les partenaires entrevoient des perspectives communes de développement, telles que le passage à l’énergie renouvelable pour l’ensemble du parc industriel de Kalundborg.
