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La principale conséquence de toute activité humaine moderne est l’émission de gaz à effet de serre. Il en est de même pour les palmeraies, qui sont toutefois pour les plus performantes très sobres et même autosuffisantes en énergie : les sous-produits des palmeraies servant à produire l’électricité nécessaire au fonctionnement des installations. Néanmoins nous considèrerons qu’au niveau global les activités des palmeraies ont une conséquence négative du fait du recours à des énergies fossiles provoquant des émissions de GES. De plus, tel que susmentionné, l’huile de palme extraite rentre dans la composition de produits alimentaires. En ce sens, elle permet de nourrir les Hommes ce qui lui confère un impact positif. Enfin, le commerce de l’huile de palme est une opportunité pour les populations locales de sortir de la pauvreté, et également à un niveau plus élevé, permet aux collectivités publiques (certaines grandes plantations sont publiques) et aux grandes palmeraies privées, de financer des infrastructures, des écoles, hôpitaux etc. (impacts positifs).

Comme de nombreuses activités agricoles, des croisements d’essences sont réalisées pour créer naturellement ou génétiquement (pas concerné pour le palmier à huile) des espèces résistantes aux conditions climatiques (notamment le stress hydrique) et ainsi améliorer les rendements tout en diversifiant les essences (positif).

La géosphère est le point de départ de l’analyse, c’est dans cette composante que les palmeraies sont implantées par l’Homme. Les conditions nécessaires à l’épanouissement économiquement rentable de ces palmeraies sont possibles en milieu tropical et en savane. Deux solutions sont envisageables pour introduire des palmeraies : convertir des terres agricoles ou avancer sur les espaces forestiers. Pour le premier l’impact sera positif, le palmier à huile étant un arbre, il aura comme rôle d’être un puits de carbone. Pour le second, l’impact sera à la fois négatif (tout d’abord remplacer un arbre d’une forêt primaire ou secondaire par un palmier à huile n’est pas équivalent, ensuite ces espaces parfois « récréatifs » deviennent limités, enfin la forêt est également l’habitat de populations autochtones ainsi que le siège d’une biodiversité riche) et positif (dans la mesure où le bois coupé sert pour d’autres secteurs économiques).

Avec la perte d’espaces forestiers, certains services ne sont plus rendus, ce qui impacte négativement l’équilibre global du système. En effet, la forêt est notamment :

- Un habitat pour les espèces faunistiques et floristiques. Moins l’espace est protégé, moins la biodiversité est grande et plus elle est sensible.

- Un milieu permettant de limiter la survenance, l’occurrence et l’ampleur des risques naturels (érosion des sols, coulées de boue, éboulement de terrain, inondations, filtration des eaux etc.). Par conséquent, les populations locales sont en proie à divers risques qu’il faut atténuer et auxquels il faut s’adapter.

- Un moyen de lutter contre le changement climatique. En ne préservant pas les espaces à haute valeur environnementale, les modifications climatiques observées vont à terme se répercuter sur les possibilités de cultiver ou non le palmier à huile.

La culture des palmeraies utilise des intrants pour protéger les fruits d’où sera extraite l’huile de palme. De nombreuses palmeraies introduisent également des ravageurs naturels. L’impact de ce procédé est difficile à définir. En effet, il faut préciser si cette méthode vient se substituer ou se cumuler à l’utilisation d’intrants chimiques. Pour l’initiative (qui n’est pas innovante finalement), l’impact de l’introduction de ravageurs naturels aura une visée positive. En effet, réintroduire des ravageurs naturels est une solution qui redonne à la Nature son rôle. Toutefois, faire le choix entre utilisation de produit chimique ou ravageur naturel doit fait l’objet d’une étude d’impact poussée, pour ne pas créer des situations non maîtrisables.

Si pour la culture des palmeraies, le recours aux intrants est moins répandu – le palmier à huile étant particulièrement résistant aux maladies – ces pratiques sont encore d’usage pour protéger les fruits, mais aussi pour en extraire l’huile.

L’utilisation d’intrants couplée à la perte d’espaces boisés impactent négativement la qualité des eaux (filtration de la géosphère moins efficace). Par conséquent, les populations locales des pays en développement sont face à un risque de maladies plus élevé (négatif).

L’une des caractéristiques du palmier à huile est son rendement à l’ha, sans commune mesure avec ceux des autres huiles végétales. Les caractéristiques naturelles et les recherches agronomiques effectuées sur le palmier à huile ont permis de faire de cette culture, un commerce lucratif nécessitant peu d’espace comparativement aux autres cultures.

Les petits planteurs, moins organisés, informés et conseillés, ont des rendements entre 35 et 40% plus faibles que ceux des grandes compagnies de plantations. Attacher une attention particulière aux conditions de productions dans les palmeraies des petits permettrait d’améliorer les rendements et ainsi accroitre la production sans avancer sur la forêt.

Ensuite, à l’état brut, l’huile de palme (l’huile rouge) n’est pas stockable. Elle doit être traitée rapidement et proche des implantations des palmeraies. Cela a une double conséquence :

- Gérer différents processus (production de matière, extraction, et conditionnement) directement sur le territoire local, captant ainsi une part plus importante de valeur ajoutée.

- Risque de volatilité des prix (valable pour toutes les autres matières premières) est exacerbé pour l’huile de palme. Le marché est spéculatif car le prix se détermine non pas sur les volumes totaux mais à la marge (et non sur les marges). Il suffit d'une rumeur sur la production en Malaisie ou en Indonésie pour faire évoluer les cours sans aucun rapport avec les disponibilités réelles (« 5% de plus ou de moins sur les volumes font évoluer les cours de plus de 50% »).

Quand bien même les rendements soient très élevés, la culture nécessite des terres arables. Les conditions climatiques favorables au développement du palmier à huile se situent dans les régions du globe regorgeant d’une biodiversité ordinaire et extraordinaire : appelées espaces à haute conservation environnementale.

Pendant des années, l’implantation des palmeraies s’est faite au détriment de la faune et de la flore. Selon les spécialistes de l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC), les forêts primaires, secondaires et mangroves jouent un rôle très important dans la stabilisation des conditions climatiques.

L’impact social de la culture de l’huile de palme dans les pays producteurs est à nuancer. L’activité de production agricole d’huile de palme est une grande source de revenus directs et indirects pour les pays producteurs. Cette activité née du commerce international génère des emplois et stimule l’économie dans le secteur agricole, forestier, de la construction etc. Toutefois, L’expansion des palmeraies accentue les tensions territoriales et la pression foncière entre les habitants et les autres secteurs économiques dépendant de l’activité forestière, comme la chasse ou le tourisme par exemple.

Les conditions de travail dans les palmeraies varient en fonction des Etats producteurs. Les droits des travailleurs comme énoncés par L’OIT ne sont pas toujours respectés (travail des enfants, conditions de sécurité etc.).

Les autochtones et les communautés locales sont aussi victimes de la déforestation, déplacés, ils sont privés de leurs terres et de leurs droits. De plus, dans certains pays, des groupes insurgés accentuent l’instabilité et l’insécurité des palmeraies.

Enfin, les petits planteurs indépendants ne disposent pas de trésorerie suffisante pour développer des palmeraies responsables. Souvent absents des dialogues internationaux pour élaborer les procédés vertueux, les petites plantations ont recours à du matériel non adapté ainsi qu’à des essences de mauvaise qualité. Les petits planteurs (qui représentent le plus grand nombre d’acteurs), ne bénéficient pas de rendements élevés. Les quantités produites par ces petits planteurs sont destinées au marché local.

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