La notion d’économie de la fonctionnalité est relativement récente, elle a émergé à la suite du rapport Meadow de 1972 « Halte à la croissance », qui était un message d’alerte sur l’utilisation effrénée des ressources naturelles et donc de la dégradation des conditions de vie de l’environnement, du patrimoine biologique.
C’est dans ce contexte que le facteur 4 émerge. Il favorise une dématérialisation de l’économie, c’est-à-dire diviser la consommation des ressources naturelles par deux, tout en produisant deux fois plus. Ce principe est le fondement de l’écologie industrielle, dont l’économie de la fonctionnalité fait partie, il va à l’encontre de l’économie industrielle classique.
Les producteurs intéressés par les objectifs de ce principe doivent être capables de s’adapter aux changements de production et d’investir dans de nouveaux procédés. Ainsi, un industriel automobile désireux de produire des véhicules moins polluants ; un spécialiste proposant une solution de rénovation de bâtiment écologiquement neutre ; une production agricole orientée vers les produits bio, demande de la part de ces acteurs une réorganisation de leurs activités et donc des investissements.
Le rapport d’alerte et le facteur 4 sont à l’origine d’un grand nombre de modèles dont le «Functional services economy » de Walter Stahel et Orio Giarini détaillé au travers de l’ouvrage « Les limites du certain ». Pour la première fois depuis la révolution industrielle, l’économie classique est repensée, la finalité étant de vendre l’utilisation d’une unité fonctionnelle. Il suivra de cette première initiative, le Product – Service – Systems (PSS), allant quantitativement au-delà, en optimisant le nombre de services et produits impliqués.
Cela permettra d’introduire les deux nuances de l’économie de la fonctionnalité, celles qui favorisent la performance et/ou l’usage d’une unité fonctionnelle.
L’économie de la fonctionnalité vise à :
« (…) optimiser l’utilisation ou la fonction des biens et services, se concentre sur la gestion des richesses existantes, sous la forme de produits, de connaissances ou encore de capital naturel. L’objectif économique en est de créer une valeur d’usage la plus élevée possible pendant le plus longtemps possible, tout en consommant le moins de ressources matérielles et d’énergie possible. Le but est d'atteindre ainsi une meilleure compétitivité et une augmentation des revenus des entreprises » [STAHEL W. R., The performance economy, ed.2006].
Cette définition met en exergue plusieurs éléments qui sont généralement perçus comme antagonistes, il s’agit de la protection de l’environnement et de la maximisation du profit (orientée sur une hausse du chiffre d’affaire). Cela induit la question de la responsabilité des producteurs, de l’efficacité environnementale, et implique par la même, une modification de penser, les échanges et l’économie en générale.
Travail réalisé en Master II : L’économie de la fonctionnalité : une solution pour réduire les déchets à la source et intégrer la responsabilité élargie des producteurs.